L’Édito
Bienvenue dans Hold.
Hold est le média qui décode l’architecture du succès entrepreneurial. Nous documentons ce qui se passe vraiment quand on bâtit : les frictions juridiques qui bloquent un lancement, les petits leviers opérationnels qui changent tout, les doutes qui réveillent à 4h du matin.
Nous donnons la parole à ceux qui construisent dans la complexité du réel, loin des récits linéaires et des raccourcis faciles. Avec clarté, humanité et exigence, Hold raconte l’entrepreneuriat tel qu’il est : imparfait, exigeant, et profondément humain.
Pour cette première édition, nous recevons Maxence Kupiec.
Directeur commercial chez Mirai-Tech et fondateur de MK Detailing, Maxence a un parcours qui refuse les lignes droites : du sport de haut niveau aux premières tentatives en e-commerce, puis à la création d’une entreprise de detailing automobile sans aucun accompagnement entrepreneurial.
Maxence incarne ce que Hold veut montrer : la réalité d’un parcours construit sur l’action, l’échec comme matière première, et cette capacité rare à transformer l’isolement en force.
Dans cet entretien, il raconte ce qu’on ne dit pas assez : la solitude des premiers pas, la peur face aux structures juridiques qu’on ne comprend pas, les moments où l’on se sent illégitime, et cette conviction têtue que la seule voie, c’est d’avancer quand même.

L’Entretien
Du foot de haut niveau à l’échec sportif
Maxence a 21 ans. Il vient d’une famille ni aisée, ni pauvre. Sa mère est commerciale dans un labo pharmaceutique, son père travaille à l’hôpital. Personne autour de lui n’a monté de boîte.
Pendant 8 ans, il a joué au football à Nancy et a intégré le pôle Espoirs pendant 2 ans. Sur plus de 12 000 licenciés dans le Grand Est, ils n’étaient que 16 sélectionnés. De ses 13 à ses 15 ans, il était en internat au CREPS de Nancy avec des entraînements tous les jours, parfois dès 7h30 le matin.
“Quand t’es petit, ça te forge. Ça t’apprend la vie bien plus tôt. Ça m’a débloqué des trucs dans ma tête : la performance, il faut réussir, il faut être le meilleur. C’est ce qui a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui.”
Après 5 ans au meilleur niveau régional, la réalité du monde du foot l’a rattrapé. Un monde ultra-concurrentiel et vorace. Il y a un an, il a arrêté, non pas par échec, mais par prise de conscience.
“J’ai pris conscience que j’avais fait ce que j’avais à faire dans ce monde-là.”
Le sport lui a transmis une mentalité qu’il garde encore aujourd’hui dans l’entrepreneuriat : la progression par l’effort.
“Le sport m’a aussi inculqué ça : quand tu commences un sport, tu es bon ou tu n’es pas bon, mais si tu veux, tu peux t’entraîner et tu peux progresser.”
Cette logique, il l’applique maintenant dans un autre terrain : celui de l’entrepreneuriat.
Le déclic entrepreneurial
Après avoir arrêté le foot, Maxence était curieux. Il regardait des interviews d’entrepreneurs sur YouTube, fasciné par ces parcours qui partaient de rien.
“Un mec qui commence dans un garage et crée Amazon, je me disais : comment il a fait ?”
Il a testé l’e-commerce, l’achat-revente. Mais rien ne collait vraiment.
“Après avoir traîné dans ce monde-là, je me suis dit : ça, c’est pas pour moi.”
Ce qu’il voulait, c’était créer quelque chose de physique, quelque chose qui lui appartienne. Puis il est tombé sur des vidéos TikTok de detailing automobile.
“Je me suis dit : putain, moi je suis passionné de voitures, j’ai envie de faire ça.”
Un jour, un voisin passe pendant qu’il nettoie sa voiture. “Il y a la mienne à faire après si tu veux.” Le déclic était là.
“Si lui demande, pourquoi pas d’autres ? C’est là que j’ai eu le déclic : ok, il faut que je monte ma boîte.”
L’apprentissage en autodidacte
Maxence n’avait aucune expérience entrepreneuriale et personne pour le guider. Il a dû tout apprendre seul en s’inspirant de TikTok et Instagram, en prenant contact avec ceux qui avaient déjà des résultats.
“Je me suis creusé la tête tout seul : comment avoir des clients, qu’est-ce qui marche sur les réseaux ?”
L’ironie, c’est qu’il était en BUT GEA, parcours GEMA - Gestion Entrepreneuriat et Management d’Activité.
“Le seul truc qui m’intéressait, c’était le E, l’entrepreneuriat. Et je ne l’ai pas vu une seule fois en deux ans. Pas un cours d’entrepreneuriat, pas un mec qui a monté une boîte qui est venu nous parler.”
La fac lui apprenait à gérer une entreprise, mais pas à en créer une. Alors il est allé sur Societe.com, a décortiqué des statuts juridiques, et a créé sa boîte tout seul.
La croyance qui change tout
Ce que Maxence a compris, c’est que la plupart des barrières sont mentales.
“Tu te rends compte que tous les trucs que tu pensais trop durs, en fait c’est accessible. Il faut juste pas avoir cette croyance limitante qui dit ‘créer une boîte c’est trop compliqué’. Tout est accessible.”
C’est comme ça que MK Detailing est né. Sans expérience, sans formation formelle, sans réseau. Juste un mec qui a décidé de ne pas attendre que quelqu’un lui donne la permission de se lancer.
Les galères et l’échec comme carburant
Maxence ne te vendra pas de rêve. Depuis qu’il s’est lancé, il a enchaîné les échecs. Le foot qui ne l’a pas mené aussi loin qu’il l’espérait, l’e-commerce qui n’a pas décollé, MK Detailing sans clients au début, Mirai-Tech où il n’arrivait pas à vendre par manque de crédibilité.
“Je pense que la plus grosse galère qu’on a tous rencontrée, malheureusement c’est l’échec. Je peux prendre l’exemple de l’échec du foot - je considère que c’en est un, je n’ai pas réussi à aller là où je voulais aller.”
Mais pour lui, l’échec n’est pas quelque chose à éviter.
“La plus grosse galère qu’on peut rencontrer, c’est l’échec. Mais d’un côté, c’est la plus grosse galère, mais c’est aussi la plus grosse récompense. Parce qu’à chaque fois que tu échoues, tu progresses, tu apprends.”
Transformer l’échec en action
À chaque fois qu’il se retrouve face à un mur, il ne se demande pas pourquoi ça ne marche pas, il agit pour que ça marche.
“Quand je n’arrivais pas à avoir de clients avec MK Detailing, j’ai professionnalisé mon contenu, j’ai plus démarché, j’ai travaillé gratuit, et au final j’ai réussi à avoir des clients.”
Le pattern est toujours le même : échec, analyse rapide, action. Pas de temps perdu à ruminer.
Les doutes quotidiens
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Maxence doute. Tous les jours.
“Des moments de doute, de peur, de stress, j’en ai tous les jours. Je suis honnête avec toi, j’en ai tous les jours.”
Sa méthode pour surmonter ces peurs ? Relativiser.
“Je suis jeune, j’ai la vie devant moi, et surtout : regarde autour de toi, tu es quoi comparé à tout ce qui t’entoure ? On n’est rien. Il faut relativiser dans la vie.”
Face au doute, sa réponse est toujours la même : agir.
“Il faut juste agir, il ne faut pas rester trop longtemps dans son lit, être triste, se manger la vie. Il faut agir, il faut mettre les choses en place.”
Et surtout, il a compris qu’il ne peut pas tout gérer seul.
“Moi j’étais le premier à ne parler à personne, je me renfermais sur moi-même, je pensais que je pouvais tout faire tout seul - ça aussi, plus grosse connerie de ma vie. On ne peut pas tout faire tout seul, on ne peut pas régler tout tout seul.”
Maxence a longtemps pensé pouvoir tout gérer seul. Mais cette solitude l’a coupé de ce qui aurait pu le faire grandir plus vite.
“Il ne faut pas se renfermer dans la petite bulle dans laquelle on est. Il faut s’ouvrir au monde, il faut s’ouvrir aux gens, il faut aller voir ailleurs. Mais pour ça, pour le côté professionnel, c’est ultra dommage. C’est ultra dommage parce qu’on perd de la valeur par manque de valeur.”
Cette phrase résume bien le paradoxe : en restant isolé, on se prive de ce qui pourrait nous faire avancer. On perd l’opportunité d’échanger, de confronter ses idées, de construire avec les autres. Et cette perte-là ne se rattrape pas.
Connaître ses limites
Aujourd’hui, chez Mirai-Tech, Maxence accompagne des entrepreneurs. Ce qui fait de lui un bon accompagnateur, c’est qu’il sait où s’arrêtent ses compétences.
“Le meilleur accompagnateur, la personne qui peut donner le meilleur conseil, c’est la personne qui est consciente de l’endroit où s’arrête son domaine de compétences.”
Il ne prétend pas avoir la science infuse. Quand il ne maîtrise pas une problématique, il redirige vers quelqu’un de plus compétent.
“Si un jour je rencontre quelqu’un qui me dit ‘j’ai ça comme problématique’ et que moi je ne sais pas l’accompagner, je le renverrai vers quelqu’un qui est plus compétent que moi et qui pourra lui offrir les réponses.”
Cette humilité, c’est ce qui lui permet de rester crédible et d’accompagner les gens efficacement.
Le quotidien entrepreneurial
Monter sa boîte à deux
MK Detailing, c’est Maxence et Mathis. Deux associés, deux visions. Comment ils gèrent les désaccords ? Par la communication.
“On discute beaucoup, on échange beaucoup par rapport à ça. On met en commun nos idées parce qu’on sait qu’il n’y en a pas un qui aura plus raison que l’autre.”
Leur approche repose sur trois piliers : respect, bienveillance et maturité.
“Comment on règle les points de friction ? C’est la communication, tout simplement. Il faut juste communiquer, il faut en parler. S’il y a des problèmes, il faut trouver un moyen de les régler, mais toujours dans le respect, dans la bienveillance, et surtout avec maturité.”
Pour Maxence, la relation d’associés dépasse le simple cadre professionnel.
“Avant d’être des associés, on est des amis. Pour moi, un ami, que ce soit dans le perso ou dans le pro, tu ne dois pas avoir peur de lui dire s’il y a un truc qui ne va pas.”
Le piège de la perfection
Au début, Maxence voulait tout faire parfaitement. Belles vidéos, beau branding. Résultat ? Rien ne bougeait.
“J’ai toujours voulu faire les choses correctement, et c’est un peu ce qui m’a posé des problèmes. La théorie c’est bien, mais le meilleur moyen de régler la théorie, c’est la pratique.”
Il voulait des contenus impeccables alors qu’il fallait juste vérifier si son offre marchait, si le marché existait.
“Dès le moment où j’ai fait mes petits flyers moches mais où je suis allé au porte-à-porte, c’est comme ça que j’ai eu le premier résultat.”
La leçon qu’il en tire est claire.
“C’est l’action qui crée l’information, et pas l’inverse.”
La théorie sert à améliorer ta pratique, mais elle ne doit jamais la remplacer. Il faut d’abord agir, tester, valider. Ensuite seulement, tu affines.
Créer sa société : ça fait peur, puis ça passe
Au début, créer sa société lui a fait flipper. Mettre son nom sur une personne morale, ça responsabilise.
“Au début ça m’a clairement freiné. Je me suis dit : créer une société, ça a quand même de la responsabilité. Tu mets ton nom sur une personne morale, tu deviens une personne morale. Donc forcément ça te responsabilise, ça fait peur, ça fait flipper.”
Mais une fois qu’il a compris que c’était accessible, que c’était juste une question d’informations et de démarches, la peur s’est dissipée.
“Dès que tu te rends compte à quel point c’est accessible, c’est pas compliqué et qu’il faut juste avoir les bonnes infos, tu te rassures directement. Tu te rends compte que dans la vie il faut juste faire des trucs, il faut juste trouver des solutions.”
Son conseil est simple.
“Il ne faut pas avoir peur de créer une société, il ne faut pas avoir peur de remplir une fiche d’impôt, parce que c’est la vie. Si tu ne le fais pas maintenant, il y aura forcément un moment de ta vie où tu devras le faire pour x ou y raison.”
La peur vient de l’inconnu. Une fois que tu as les bonnes infos et qu’on te rassure, tu le fais tout seul.
Sa vision de la réussite et ses ambitions
La réussite n’est pas un chiffre universel
On te vend partout la même image : réussir, c’est avoir de l’argent, une belle voiture, un empire. Maxence ne croit pas à cette définition unique de la réussite.
“Il y a des mecs qui ont réussi dans la vie, qui sont multimillionnaires, qui sont bien moins heureux qu’un gars qui n’a pas d’argent mais qui a une famille, qui a une maison.”
Pour lui, la réussite est personnelle. Elle dépend de ce qui compte vraiment pour toi, pas de ce que la société attend de toi.
“Pour mesurer ta réussite, il faut juste te remettre les pieds sur terre et te dire : moi, qu’est-ce qui m’intéresse dans la vie ?”
Si ton kiff c’est d’avoir plusieurs sociétés et de l’argent, et que tu y arrives, c’est ça ta réussite. Si ton kiff c’est d’avoir une famille, une maison, partir en vacances, et que tu y arrives, c’est ça ta réussite aussi.
Le piège : vouloir la réussite de quelqu’un d’autre
Le plus gros piège selon Maxence, c’est de se comparer aux autres et de vouloir leur réussite.
“Il ne faut vraiment pas être matrixé par la réussite des autres. La pire chose à faire, c’est de vouloir la réussite de quelqu’un d’autre.”
La réussite est personnelle, elle découle de tes propres valeurs et priorités. Copier celle des autres, c’est courir après un objectif qui n’est pas le tien, et finir par ne jamais être satisfait.
Ce qui le fait vraiment kiffer : l’évolution
Pour Maxence, ce qui le fait tenir au quotidien, c’est l’évolution. Pas l’argent, pas le prestige. Juste la progression.
“Ce qui me fait tenir, c’est l’évolution. Depuis que je suis tout petit, j’aime apprendre. Mais quand je parle d’apprendre, j’aime pas aller à l’école et qu’on m’apprenne une leçon que j’ai oubliée le lendemain. J’aime apprendre des trucs concrets, j’aime bosser, j’aime travailler, j’aime ce que je fais.”
Il cite Steve Jobs pour résumer sa philosophie : “Trouve un travail que t’aimes et t’auras plus à travailler un seul jour de ta vie.”
“Ce qui me fait avancer, c’est que tous les jours, je n’ai pas l’impression de travailler. J’arrive au taf le matin, on discute, on a un milliard d’idées, on se dit il faut qu’on fasse ça, il faut qu’on se renseigne sur ça.”
Ce qui le motive, c’est de mettre des actions en place aujourd’hui qui auront un impact demain. C’est la progression continue, la capacité à monter en compétence, à aller chercher ce qu’on veut.
“C’est cette phrase que je me disais tout le temps : ‘Tu veux un truc, va le chercher.’”
Et surtout, il a compris une chose essentielle.
“Pour moi, le meilleur moyen de se lever le matin et d’avoir envie de progresser, c’est de faire un truc qu’on aime. Le meilleur moyen de gagner sa vie, c’est de faire un truc qu’on aime. Dans la vie, quand t’es passionné, il n’y a aucune limite.”
Sa réussite à lui : scalable et croissante
Maxence a 21 ans. Il a créé MK Detailing, il accompagne des entrepreneurs chez Mirai-Tech. Mais pour lui, ce n’est pas encore assez.
“Ce que j’ai fait, ce n’est pas assez encore pour moi. Vraiment, comparé à tout ce que j’ai envie de faire, c’est rien du tout.”
Sa réussite est scalable. Aujourd’hui, il a posé des bases. Demain, il veut plus. Et après-demain, encore plus. Ce n’est pas un sprint, c’est un marathon sans ligne d’arrivée.
Il reste humble, la tête froide, conscient qu’il a encore beaucoup à construire. Mais c’est justement cette ambition croissante qui le fait avancer chaque jour.
Ce que Maxence nous rappelle, c’est que l’échec forge plus que n’importe quel diplôme. Que l’action enseigne mieux que n’importe quelle formation. Et que ta réussite ne ressemblera jamais à celle de quelqu’un d’autre.
Si tu veux un truc, va le chercher. Le reste, c’est juste du bruit.
Hold documente ces réalités-là. Nous donnons la parole à ceux qui construisent vraiment, loin des récits lissés et des success stories prédigérées.
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